La qualité que j’estime la plus essentielle chez un pédagogue, tout comme chez un musicien en quête d’une démarche artistique porteuse de sens, est l’ouverture.
Pour moi, l'enseignement est une pratique réflexive qui nourrit directement ma recherche-création. C’est un espace d’échange rigoureux où la complexité technique rencontre la sensibilité artistique, articulé autour de trois grands axes de travail :
La formation de l’oreille est au cœur de ma démarche. Au-delà du solfège traditionnel, je considère l’écoute active du répertoire comme un outil fondamental, particulièrement pour la mémorisation. J'accorde une importance cruciale au développement de l'oreille rythmique, indispensable pour naviguer avec confiance dans des contextes métriques complexes. Sur le plan instrumental, je privilégie la transmission par modèles auditifs et visuels, tout en veillant à l'efficacité anatomique et mécanique du mouvement, sans jamais l'imposer.
La créativité ne sert pas uniquement à composer ou à improviser ; elle est le moteur même de la pratique. Je guide mes étudiants à utiliser leur créativité pour segmenter de grands objectifs en étapes logiques et stimulantes. L'autonomie s'installe lorsque l'on commence à concevoir ses propres outils de travail. Mon but n'est pas de fournir des réponses toutes faites, mais d'apprendre à formuler les bonnes questions face à l'infini processus de résolution de problèmes qu'est la musique.
Tout geste novateur doit s'appuyer sur des fondations solides. J'encourage une pratique tournée vers l'avenir, mais profondément consciente de l'histoire et des origines des formes musicales que nous explorons. Enraciné dans mon propre parcours de recherche doctorale, j'aime intégrer à l'enseignement des textes théoriques, des analyses de répertoire, ainsi que des œuvres contemporaines et des transcriptions originales basées sur des procédés de composition et d'improvisation atypiques.
The quality I value most in an educator, just as in a musician striving toward a meaningful artistic path, is openness.
For me, teaching is a reflective practice that directly nourishes my research-creation. It is a space for rigorous exchange where technical complexity meets artistic sensitivity, structured around three core pillars:
Ear training is at the heart of my approach. Beyond traditional solfège, I consider active repertoire listening to be a fundamental tool, especially for memorization. I place crucial importance on developing the rhythmic ear, which is essential for navigating complex metrical contexts with confidence. At the instrumental level, I favor the sharing of aural and visual models while keeping a close eye on the anatomical and mechanical efficiency of movement, without ever imposing it.
Creativity is not only useful for composing or improvising; it is the very engine of daily practice. I guide my students to use their creativity to break down long-term objectives into logical, engaging steps. Autonomy takes root when students begin to design their own practice tools. My goal is not to hand out ready-made answers, but rather to teach how to formulate the right questions when facing the endless, wonderful problem-solving process that is making music.
Every innovative gesture must build upon solid foundations. I encourage a forward-looking practice that remains deeply conscious of the history and origins of the musical forms we explore. Rooted in my own doctoral research journey, I love integrating theoretical texts and repertoire analysis into my teaching, alongside contemporary works and original transcriptions designed around atypical compositional and improvisational devices.